Les dessous de la HighTech

Innovation

Lave-linge, Internet ou téléphones portables : ces technologies sont considérées comme indispensables et comme source de bien être. Faut-il pour autant céder à tous les objets que l’on nous propose et vend à grands renforts de publicité ?

Crédit : David Cochard

Dix ans puis cinq ans puis deux ans ? Le cycle de vie des produits high-tech s’est réduit en quelques années. Exit l’ordinateur qu’on gardait « jusqu’au bout », fini, le téléphone qu’on abandonne la panne avérée ou insoluble. En fin de vie, le produit high-tech a déjà laissé place à une nouvelle génération de produits différente, l’innovation est passée par là ! Une course à l’innovation technologique qui se traduit par la multiplication des générations de produits (iPhone 1, 3G, 3GS, 4, 4GS, 5…) plus que par des révolutions technologiques. A tel point que les géants du secteur se livrent aujourd’hui plus à une guerre des brevets. La déception de certains consommateurs quant aux innovations révolutionnaires de leurs derniers objets pousse aussi  à s’interroger sur la nécessité de certains produits high-tech, notamment aux regards de leurs impacts environnementaux.

L’innovation est souvent présentée comme facteur de progrès et d’amélioration significative : un moyen de redynamiser la production et de relancer la consommation, donc de lutter contre le chômage.  Cependant, avec l’épuisement des ressources et l’accumulation de déchets, cette course à l’innovation se traduit davantage par une réduction de la durée de vie de nos produits, toujours « dépassés ». Cette obsolescence rapide de nos biens est source de gaspillage et de pollutions plus qu’elle n’est facteur de bien être. A l’inverse, les alternatives qui permettent d’allonger la durée de vie de produits sont plus respectueuses des hommes et de leur environnement. La réparation, le don aux associations, l’achat ou la vente d’occasion en sont des exemples. Donner une seconde vie aux produits high-tech est un geste écologique et solidaire.

Pour en savoir plus:

Serge Latouche, Bon pour la casse, Paris, LLL, 2012.

Philippe Bihouix, L’âge des low-tech, Anthropocène Seuil, 2014.